Mon Guitar Summit 2026

Le Guitar Summit, organisé chaque année à Mannheim en Allemagne, est l’un des grands rendez-vous européens consacrés à la guitare et à la basse. Pendant trois jours, le Rosengarten rassemble fabricants, luthiers, musiciens et passionnés autour de centaines de marques, avec des instruments à essayer, des nouveautés, des effets, des amplis, des accessoires, mais aussi des concerts, masterclasses, ateliers et conférences. Bref, une sorte de NAMM à l’européenne, plus compact et très orienté vers les guitaristes : le temps d’un week-end, Mannheim devient un peu le « NAMM »-hein de la guitare.

Guitar Summit 2026

Guitar Summit 2026

  • Mes objectifs : le faire, une fois dans ma vie.
  • Mes craintes : surreprésentation des guitares électriques, ne pas oser tester des instruments ou être trop timide pour aller vers les exposants.

Le départ vers le Guitar Summit

Comme tant de bonnes choses, ça a plutôt mal commencé. Ma Lovely Roadie, qui m’avait offert les places pour le salon de la guitare de Mannheim, a été victime d’un petit virus qui a transformé son estomac en boomerang. Après une nuit et une matinée compliquées, j’ai cru que j’allais devoir annuler, mais son état s’est amélioré en cours de journée et on a pu se mettre en route malgré un passager un peu patraque. Voilà ce qu’on appelle un excellent départ pour affronter les redoutables food trucks allemands.

Histoire de ne pas faire les choses à moitié, j’avais un pass de trois jours, avec hôtel à 100 m du Guitar Summit, petit-déj., des vouchers repas aux food trucks et des goodies. Une fois débarrassé de la voiture et des bagages, en route pour récupérer goodies et T-shirts. À propos, je portais un T-shirt jaune bouton d’or barré d’un ‘DON’T PANIC » rouge. L’exact opposé de mon sentiment intérieur, mais cette tenue a été un parfait icebreaker pour mon premier jour. J’ai reçu une petite dizaine de commentaires élogieux ce soir-là. C’est d’ailleurs amusant comme au milieu d’une forêt de gens vêtus du classique noir look stage ou backstage, les gens apprécient autant une note de couleur. Faites revenir de la couleur dans ce monde.

Un premier tour très intimidé

Ceux qui me connaissent sont au courant de ma phobie sociale. J’ai commencé par un tour de repérage très timide de l’ensemble du salon. En effet, dans un ratio de 70/30, je jalouse quelque peu les guitaristes électriques et tous leurs gadgets à lampes et boutons et leurs tours d’amplis… et puis des guitares de toutes formes et couleurs. Dont certaines très amusantes à regarder.

Mais en tant qu’« acoustic snob », je craignais de ne pas voir assez de stands consacrés aux guitares acoustiques, mais loin s’en faut :

C.F. Martin & Co., Bourgeois Guitars, Atkin Guitars, Lowden Guitars, Furch Guitars, Lakewood, Iris Guitar Company, Cole Clark Guitars, Santa Cruz, Avalon Guitars, Dowina Guitars, BSG Handmade Guitars, Duke Guitars, Cuntz Guitars, Hanika Gitarren, Kremona Guitars, Cordoba, Guild, Cort, Finger Guitars, La Mancha Guitars, Lâg, Admira, Esteve Guitars, Juan Hernandez Guitars, Vicente Carrillo, Manuel Rodriguez, Yulong Guo, Wolfensberger Guitars, Lucenò Guitars, Can Oral Guitars, Daniel Ott Guitars, König Guitars, Kopo Guitars, LS Guitars, Dejawu Guitars, Heeres Guitars, Herbst Gitarrenbau, Yamaha, Dean, Luna, Donner, Aria Pro II.

Guitar Summit

Guitar Summit

Entre les grands noms, on trouvait aussi des productions plus modestes. Des accessoires pour guitaristes comme des cordes, capodastres, sangles, étuis et amplification, ainsi que du bois et du matériel de lutherie. 

J’aurais aimé voir un peu plus d’amplification acoustique et peut-être des microphones dédiés. Le stand AER était modeste (mais on m’y a reconnu pour ma collab avec Jacques Stotzem). Ma présence scénique n’est pas suffisante pour justifier l’achat d’un autre ampli pour l’instant. Un jour, qui sait.

Si on écoutait un peu de musique ?

Les concerts acoustiques du vendredi étaient parfaits pour se mettre dans le bain. 

Mary Spender, que j’avais envie de voir en live depuis longtemps. C’est une guitariste, auteure-compositrice-interprète et youtubeuse britannique. Son univers mélange folk, blues, rock et Americana, avec une place importante accordée au fingerstyle, aux arrangements guitare-voix et à un jeu parfois assez percussif. Elle a une voix soyeuse et un solide jeu de guitare. Il émane d’elle quelque chose de généreux et d’authentique qui me plait beaucoup.

Mary Spender @ Guitar Summit

Mary Spender @ Guitar Summit

Ensuite, Andy McKee, l’une des grandes figures du fingerstyle acoustique moderne. Il s’est fait connaître mondialement au milieu des années 2000 grâce à ses vidéos sur YouTube, en particulier « Drifting », où il combine tapping à deux mains, harmoniques, lignes de basse et percussions sur la caisse. Des morceaux comme Rylynn, For My Father ou Ebon Coast montrent son côté beaucoup plus mélodique, bien plus présent dans son set qu’on ne pense, et je ne m’en plains pas. Je l’avais vu en concert, il y a longtemps, et le voir, notamment en duo avec Don Ross était aussi un point fort de mon vendredi.

Andy Mc Kee & Don Ross @ Guitar Summit

Andy Mc Kee & Don Ross @ Guitar Summit

Ma zone de confort n’est pas toujours confortable

Poussé dans le dos par ma Lovely Roadie, je me décide samedi « enfin » à poser mes grosses pattes sur des instruments. Histoire de sortir de ma zone de confort inconfortable pour ne pas être venu « pour rien ». Sans oublier de décaler la boucle de ma ceinture sur le côté du pantalon pour ne pas abîmer les instruments.

Par curiosité, j’ai joué sur une Silent guitar de chez Yamaha. Quelle évolution ! La mienne doit avoir une quinzaine d’années au moins, le préampli est mort et elle me sert dans mes séances d’écriture ou d’échauffement mécanique. Les nouveaux modèles ont vraiment un magnifique son très authentique au casque. Le modèle Nylon est très plaisant également.

Yamaha Silent Guitar

Yamaha Silent Guitar

J’ai également testé quelques très bons ukulélés en Koa chez Voggenreiter et Flight Ukuleles. Chez Flight, ils avaient un modèle intéressant avec un système d’effets fonctionnant sans ampli (reverb et écho qui utilisent la caisse de résonance pour s’ajouter au son de l’instrument, intéressant, pas forcément ma came).

Ukulele @ Guitar Summit

Ukulele @ Guitar Summit

The place to be

Sur ce salon, j’ai croisé des stars reconnaissables entre toutes. Par exemple, Pierre Journel de la Chaîne Guitare qui arpente industrieusement les travées du Guitar Summit et dont les interviews vont sûrement raviver des souvenirs et susciter l’un ou l’autre regret de trucs que j’aurai manqués. 

Pas mal de blogueurs, vlogueurs sont en route, caméra et micro en main, c’est parfois un peu embêtant pour l’accès aux stands, quand on ne veut pas passer entre un objectif et son sujet. Je ne sais pas combien sont accrédités et combien sont amateurs. Chacun veut se montrer, réseauter et se vendre. Gratter un peu de miel de la ruche, c’est le jeu. De mon côté, pas de vlog, pas de vidéo, pas d’appareil photo, des photos floues et mal cadrées, juste une envie de vous raconter mon expérience. Je suis un guitariste qui roule pour raconter ma passion. 

Des concerts silencieux, au casque

Particularité du Guitar Summit, j’ai assisté à des concerts masterclass au casque. C’est amusant. Au milieu du brouhaha du salon, l’artiste sur scène joue pour un public portant des casques. C’est impressionnant. Et ça fonctionne bien. Mes oreilles me disent que sous-mixer un poil de reverb pour rendre la géométrie de la salle irait chercher le dernier carat d’immersion.

Pour améliorer encore un peu l’expérience, il faudrait aussi mettre les pompeurs manouches à un autre endroit. Malgré le casque bien isolant, on les entendait, notamment pendant la prestation de Mary Spender.

Au casque, j’ai assisté à Don Ross et Julia Malia, un sympathique duo qui mélange le groove de Don et la légèreté de Julia Malia (pensez « la belle et la bête » #cliché). J’ai également vu Mary Spender et Andy McKee dans une session plus proche du public que celle du vendredi.

Don Ross & Julia Malia

Don Ross & Julia Malia

J’ai aussi fait des haltes sporadiques à cette scène pour m’asseoir et écouter quelques musiciens classiques présentant des instruments et demandant au public de voter pour leur préféré.

Samedi, au Guitar Summit, c’est le drame

Pour mon plus grand malheur, j’ai pris en main un modèle du Custom Shop Martin. Bam, une OM légère avec un cutaway, des bois sélectionnés et très qualitatifs, des finitions style 28, un manche confortable malgré des cordes light et un son et une réactivité incroyables.

Martin OM @ Guitar Summit

Martin OM @ Guitar Summit

Il faut dire que mes achats de guitares ont toujours été des concours de circonstances. La première, une Takeharu, était liée à un budget de jeune un peu serré. Mon OM Dana Bourgeois était un rachat d’occasion à Jacques, une opportunité pour moi d’acheter une meilleure guitare pour élever mon jeu. Ma Martin OM21, je l’ai achetée sur la base d’une description technique pour avoir une machine de scène, ma picking machine. De bonnes guitares, arrivées au bon moment de ma vie, mais peu de coups de foudre ou d’amour spontané dans tout ça.

Combien de guitares faut-il à un guitariste ?

J’ai passé le reste du week-end du Guitar Summit à essayer de l’oublier en testant d’autres instruments. J’ai été moins emballé par tout ce que j’ai pris en main après. Trop douce, pas assez réactive, encore trop fermée, un manche en D trop marqué. 

L’histoire raconte qu’il y a au moins trois instruments dans la vie d’un guitariste. Sa première guitare, celle qu’il joue et celle qu’il veut. Combien en faut-il ? Une de plus !

Surtout, j’ai besoin d’une petite guitare simple pour donner cours et répéter hors de chez moi. Ou de remplacer ma Silent Guitar. C’est un peu raté.

Les manœuvres honteuses du dimanche

Le souci, c’est que la vente d’instruments n’est, assez paradoxalement, pas autorisée pendant le Guitar Summit. Je ne comprends pas, mais j’imagine que c’est pour une question de pouvoir maîtriser les entrées et sorties de matos.

Il a donc fallu manœuvrer pour extraire la guitare de l’inventaire importateur du salon. Pour un modèle de série, on ne l’aurait pas fait. Mais, pour un modèle Custom Shop assemblé à Nazareth aux USA, une pièce unique par définition, c’est compliqué. Cette guitare risquait de disparaître dans l’un ou l’autre stock ou chez un revendeur à l’autre bout de l’Allemagne ou ailleurs.

En bref, il a fallu que l’importateur la remette à un dealer-revendeur, que le revendeur la mette à son catalogue et qu’il me la vende pour ensuite me la livrer sur le parvis du salon. Rien d’illégal, mais pas très réglementaire. Mais, c’est amusant d’avoir rendez-vous dans le parking avec un dealer… de guitares. Un ukulélé a suivi le même chemin. On s’est bien fait engueuler, en allemand en plus; mais je m’en fous, je voulais cette guitare.

J’espère que personne n’aura d’ennuis. Attendu que sur l’un ou l’autre stand on m’a dit que tel ou tel instrument était « vendu », j’imagine que ce n’est pas exceptionnel non plus.

Le butin

  • des stickers
  • j’ai passé mon tour pour les médiators, j’en utilise peu, néanmoins il y a moyen de se fournir gratuitement pour toute une vie
  • des thumb picks et finger picks
  • des cordes et des produits d’entretien gagnés à des concours
  • des T‑shirts de merch
  • J’ai acheté un lutrin pliant ultraléger chez Miniput pour papier, iPad et smartphone
  • un ukulélé concert Voggenreiter en Koa
  • une guitare Martin OM

Le bilan

Je venais au Guitar Summit avec deux craintes : celle de trouver un salon essentiellement consacré à la guitare électrique et celle de rester trop intimidé pour vraiment profiter des instruments et aller à la rencontre des exposants. Deux craintes qui se sont révélées largement infondées.

Les guitaristes acoustiques ont largement de quoi s’occuper, entre les grandes marques, les petits luthiers, les accessoires, les concerts et les masterclasses. Sans doute que deux jours suffiraient, avec un dernier jour raccourci pour effectuer les achats d’accessoires (mais pas d’instruments, c’est interdit !). Le pack complet avec hôtel proche du Rosengarten et les vouchers repas des food trucks inclus est aussi bien pensé. Ça permet d’oublier complètement la logistique et de s’immerger dans le salon, en se reposant entre les tournées des stands.

Concernant ma timidité… je suis passé d’un premier tour où je n’osais pratiquement toucher à rien à l’achat « hors des clous » d’une Martin Custom Shop et d’un ukulélé sur le parking du salon. On peut considérer que j’ai légèrement progressé. Merci ma Lovely Roadie. J’ai essayé des instruments, découvert des fabricants que je connaissais peu, écouté des guitaristes que j’admire et, surtout, pris beaucoup de plaisir à passer trois jours entouré de gens qui partagent la même passion. C’était agréable de débrancher la télé de ma vie et d’errer dans les travées du Guitar Summit, entouré de gens dont les yeux brillent de la même passion que moi.

Mon objectif était de faire le Guitar Summit au moins une fois dans ma vie.
Verdict : à faire au moins une fois dans sa vie. Et, probablement plus d’une.

C’est la rentrée musicale, le moment de reprendre la guitare

David van Lochem au studio

David van Lochem au studio

Septembre. Les vacances se terminent et quelque part dans la maison, une guitare nous regarde avec un léger air de reproche. Enfin, ça, c’est peut-être moi qui projette.

L’été est rarement la période la plus structurée pour travailler son instrument. On joue un peu dehors, on emporte éventuellement une guitare en vacances, on gratouille trois morceaux entre deux apéros et on se promet qu’« à la rentrée, on va s’y remettre sérieusement ».

 

Reprendre là où on est vraiment

Après quelques semaines de pratique irrégulière, certaines choses reviennent immédiatement. D’autres beaucoup moins. Un morceau que je pensais parfaitement connaître s’est mystérieusement débarrassé de quatre mesures. Un passage rapide est devenu nettement moins rapide. Certains doigtés semblent avoir été conçus par quelqu’un qui me déteste personnellement.

Tablature et solfège soignés

C’est normal. La première étape consiste donc simplement à refaire l’inventaire.

  • Quels morceaux puis-je encore jouer correctement ?
  • Lesquels demandent un petit rafraîchissement ?
  • Lesquels sont devenus des chantiers archéologiques ?

Inutile de reprendre immédiatement tout son répertoire depuis la première mesure. Quelques morceaux bien choisis permettent déjà de remettre les doigts et le cerveau en mouvement.

Vingt minutes valent mieux que deux heures

Travailler au métronomeJe l’ai déjà constaté souvent : on surestime ce qu’on peut accomplir pendant une grosse séance et on sous-estime complètement ce que vingt ou trente minutes quotidiennes peuvent produire pendant plusieurs mois.

Le problème n’est généralement pas de trouver deux heures pour jouer de la guitare. Le problème est justement qu’on attend d’avoir deux heures. Et comme elles n’arrivent jamais, on ne joue pas. Une petite séance peut largement suffire :

  • quelques minutes pour délier les doigts ;
  • un passage technique réellement difficile ;
  • un morceau du répertoire ;
  • quelques minutes consacrées à quelque chose de nouveau.

Ce n’est pas spectaculaire. Mais la progression musicale se nourrit assez mal de spectaculaire. Elle préfère la répétition.

Choisir un vrai objectif de rentrée

« Jouer mieux de la guitare » n’est pas un objectif. C’est à peu près aussi précis que « devenir quelqu’un de meilleur ». Je préfère choisir quelque chose de concret pour les prochains mois. 

  • Apprendre un morceau qui me résiste.
  • Terminer une composition.
  • Améliorer un arrangement.
  • Travailler sérieusement le rythme.
  • Remettre quelques morceaux de concert au propre.
  • Ou simplement parvenir à jouer cinq morceaux d’affilée sans s’arrêter à la première petite erreur.

Ce dernier point paraît anodin, mais jouer un morceau et savoir interpréter un morceau sont deux choses assez différentes.

Petite piqûre de rappel : travailler sans métronome, c’est jouer,… pas travailler.

Travailler au métronome

À la maison, on peut recommencer vingt fois une mesure.

Sur scène, la mesure est déjà passée. Il faut continuer avec dignité en espérant que personne n’a remarqué le carnage. C’est une compétence qui se travaille aussi. Ce qui m’amène au point suivant.

Planifier votre retour, rejouer pour quelqu’un

Il y a aussi une chose que j’aimerais continuer à faire : jouer devant des gens. Pas nécessairement sur une grande scène. Un concert, une petite scène ouverte, quelques amis, une vidéo enregistrée d’une traite : dès qu’il existe un auditeur, même virtuel, notre manière de jouer change.

  • On découvre les morceaux qu’on connaît réellement.
  • Et ceux qu’on croyait connaître.
  • La petite hésitation que l’on tolère depuis six mois devient soudain gigantesque lorsqu’on sait que quelqu’un écoute.

C’est parfois cruel, mais remarquablement efficace. Alors pour la rentrée, je ressors les guitares, je vérifie l’accordage, je remets quelques morceaux sur le pupitre et je recommence. Pas de grande résolution, juste un petit retour aux affaires.

Jouer. On verra bien jusqu’où cela nous mène.

David van Lochem au studio

David van Lochem au studio

Aubrives (FR) : le plaisir, la chaleur, le blues et les éclairs

Pour ce concert à l’atelier de la Brasserie d’Aubrives, mon programme est ambitieux. J’ai décidé de me faire plaisir avec un programme de guitare instrumentale, mon dobro pour quelques blues et ragtimes et un peu de ukulélé pour s’ambiancer. Ça demande évidemment un véritable déménagement de matériel, mais cette fois je peux compter sur deux roadies. Ma lovely roadie, qui ne sera pas lonely roadie cette fois, puisque mon grand vient voir son père en concert. Et le public est au rendez-vous.

L’atelier de la Brasserie d’Aubrives

Toutes proportions gardées, je m’exporte à l’international : pour une fois, je joue en France. Mais avec un propriétaire qui a guindaillé à Liège in illo tempore, le dépaysement reste modéré.

J’adore ce genre d’endroits qui brassent des bonnes bières et des gens. C’est à la fois, plus qu’une brasserie, plus qu’un café, et plus qu’une salle de concert. Le Covid a fait fermer beaucoup d’endroits de ce genre, mais il en renaît grâce aux passionnés qui aiment proposer des soirées de partage. Au bout du compte, tout repose toujours sur l’audace de celles et ceux qui osent.

Je ne peux que vous recommander cet endroit si vous passez par là. La bière est bonne et le cadre a du caractère ! Ça vaut le détour. Ils ont même des gîtes si vous voulez découvrir la région, avec des chouettes balades et à deux (grands) pas du chemin de Compostelle.

Starting blocks et petits tracas avec le matos

La veille du concert, voilà que le piezo de mon dobro me fait faux bond. C’est un petit microphone vissé sous le chevalet qui transforme les vibrations en courant électrique. Il se met tout à coup à distorsionner. J’hésite à abandonner la partie blues et rag de mon set, mais l’envie l’emporte sur la raison. Il faudra être inventif.

Heureusement, j’ai un petit micro sur col de cygne, l’excellent Neumann MCM 114. Pour être honnête, au niveau sonore, c’est même une amélioration. Mais (parce qu’il y a toujours un mais), mon ampli Fishman ne possède qu’une seule entrée microphone. Comment dédoubler cette entrée et alimenter le micro ? Finalement, la vieille table de mixage que Jacques Stotzem m’avait refilée tombe à pic. Elle a encore de beaux restes, la Soundcraft Folio Spirit. Elle me sauve la mise.

En route !

Le reste du matériel est au top. Ça reste tout de même un sacré déménagement. Même si, pour une fois, j’ai laissé tomber beaucoup de « on ne sait jamais » et « au cas où ». 

L’endroit est juste waw. Vieilles pierres et poutres, brasserie et bar à l’étage inférieur et la salle de concert au-dessus, expo artistique au mur. Les propriétaires sont en plus super sympas et accueillants.

Évidemment, avec trois instruments, la mise en place est un peu plus laborieuse. Je tire tous les câbles avant de sortir les instruments et de les poser sur les pieds. Un accident arrive si vite. Ma hantise est de trébucher sur un câble et d’envoyer un instrument au sol avec fracas. J’essaie d’anticiper au maximum les changements d’instruments sans me prendre les pieds dedans ni croiser les fils (« il ne faut pas croiser les flux » pour ceux qui ont la ref). 

Un accueil chaleureux !

Avec la chaleur, la cordes collent, c’est un problème. Pour ne rien arranger, difficile de jouer avec des manches courtes. Les cordes taillent un peu plus dans les doigts moites, les accords glissent et les notes qui devraient glisser, collent. Je commence avec « Have a beer », quoi de plus approprié. Les morceaux plus rock acoustique de début de set demandent davantage de précision et d’énergie. Mais, les morceaux s’enchaînent, et le plaisir de jouer est intact. C’est une joie de jouer mes compos pour un public très à l’écoute, notamment les balades comme « Entre chien et loup », « Sorrow ». 

Vraiment, j’adore jouer avec le dobro. Avec ce son âpre et rugueux, dans l’atmosphère pur jus de la brasserie, c’est complètement raccord : « Hesitation Blues », « Saint James Infarmery » et un « Twelve sticks » endiablé.

Enfin, le ukulélé et le chant en fin de set amènent un peu de fraîcheur après l’amertume du blues : « Fly me to the moon », « Don’t worry be happy » et « Always look on the bright side of life ».

Mais, il fait chaud, très chaud, malgré les ventilateurs. Une partie du public s’enfuira d’ailleurs pour se réfugier en terrasse et écouter la seconde partie du concert depuis la rue. C’est amusant d’entendre les applaudissements et les cris d’encouragement par la fenêtre.

Pendant la mi-temps et la pause hydratation, je me retrouve embarqué dans des discussions passionnées sur le fingerpicking, les cours de guitare et les microphones. « Belle découverte », « moment de grâce », « le son est super », je prends, ça fait plaisir.

À la fin du concert, je suis salé comme un jambon. On pourrait me tordre pour m’essorer. C’est le moment de prendre un verre avec mes roadies, avant le démontage. J’en profite pour finir ma quiche, par ailleurs très bonne, dont je m’étais gardé un morceau pour ne pas être en trop grande digestion pendant le concert.

Les artistes sont des athlètes de haut niveau, hydratation et alimentation, tout est calculé !

Le ciel nous tombe sur la tête

On replie en vitesse tandis que de noirs nuages ourdissant de noirs dessins se dressent au-dessus de nos têtes. À peine partis, c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous.

Entre la pluie qui tambourine et les grêlons qui claquent sur le toit de la voiture, on n’y voit qu’à quelques mètres. Les éclairs font soirée disco dans les nuages, ça flashe de partout en continu. Certains conducteurs s’arrêtent sur la route, incapables d’avancer. Je pilote au feeling, littéralement. C’est dantesque de longer la Meuse sous ce temps. Ma hantise serait de finir dans l’eau avec la voiture et tout le matériel — et accessoirement mes roadies. 🙂

Mais tout est bien qui finit bien, nous arriverons à bon port. L’hypervigilance de la conduite m’empêchera de m’endormir rapidement malgré la fatigue, mais j’en profite pour revivre le plaisir du concert et le mettre bien au chaud dans ma mémoire.

Si le public a pris autant de plaisir à écouter que j’en ai eu à jouer, alors la soirée était réussie.

David van Lochem à l’Atelier de la Brasserie à Aubrives (FR)

Le samedi 20 juin 2026 à 20h, j’aurai le plaisir de me produire à L’Atelier de la Brasserie, à Aubrives.

David van Lochem en concert à l'Atelier de la Brasserie d'Aubrives (FR)

David van Lochem en concert à l’Atelier de la Brasserie d’Aubrives (FR)

Au programme : une soirée de guitare acoustique fingerstyle, entre compositions personnelles, arrangements instrumentaux et voyages musicaux. Un répertoire inspiré par le folk, le blues, le rock et les musiques du monde. Une guitare, quelques cordes et beaucoup d’histoires racontées sans paroles. 

Dans une ambiance conviviale et chaleureuse, ce concert sera l’occasion de partager un moment musical intimiste.

Informations pratiques

Date : samedi 20 juin 2026
Heure : 20h00
Lieu : L’Atelier de la Brasserie, Aubrives (France)
Entrée : selon les conditions de l’établissement

Que vous soyez amateur de guitare acoustique, mélomane curieux ou simplement à la recherche d’une belle soirée musicale autour d’un verre, vous êtes les bienvenus.

J’ai hâte ! Au plaisir de vous y retrouver.

Un lieu atypique à Aubrives au cœur des Ardennes

Le concert se déroulera à La Brasserie d’Aubrives. 

L’atelier de la Brasserie est un lieu original situé au cœur du village d’Aubrives, à quelques kilomètres de la frontière belge. Installé dans les anciens bâtiments d’une brasserie historique, l’Atelier est bien plus qu’un simple café ou une salle de spectacle. On y découvre les bières artisanales brassées sur place, mais aussi un espace culturel et convivial dédié aux rencontres, aux expositions, aux jeux et aux événements artistiques. L’établissement mêle patrimoine local, culture brassicole et vie culturelle dans une ambiance chaleureuse et décontractée.

Tout au long de l’année, l’Atelier accueille concerts, soirées à thème, expositions et animations qui contribuent à faire vivre ce lieu devenu un véritable point de rencontre pour les habitants et les visiteurs de la région.

Pour un concert de guitare acoustique intimiste, difficile d’imaginer un cadre plus adapté. Une salle à taille humaine, une équipe passionnée et l’atmosphère chaleureuse d’une microbrasserie artisanale où la musique trouve naturellement sa place.

David van Lochem en concert à l'Atelier de la Brasserie d'Aubrives (FR)

David van Lochem en concert à l’Atelier de la Brasserie d’Aubrives (FR)