Cordes de guitare : ce que l’emballage ne vous dit pas

Jacques Stotzem m’a fait parvenir un jeu de cordes Martin ERA Custom Light à tester. Mais, avant d’aborder sérieusement ce test, je voulais un peu revisiter la théorie des cordes qui est souvent un peu nébuleuse. D’autant que l’univers du choix est infini et en expansion. On parle des cordes de guitare en termes de tirant : *light*, *medium*, *heavy*, 12-53 ou 13-56. On évoque aussi leur composition, généralement le bronze 80/20 ou le phosphore bronze. Mais, derrière ces appellations commerciales se cache une réalité physique bien plus intéressante. Régulièrement, les fabricants proposent des innovations en jouant avec les paramètres physiques à leur disposition pour chercher l’équilibre mécanique et sonore idéal. 

Une corde est un système mécanique vibrant. Sa masse, sa longueur, sa tension, sa rigidité et les matériaux qui la composent déterminent en grande partie son comportement. Ces caractéristiques influencent autant le son produit, que la manière dont la corde réagit sous les doigts.

Remarque : ces observations ne sont pas des règles absolues, mais des tendances générales. Le comportement d’une corde dépend d’un grand nombre de paramètres qui interagissent entre eux.

Cordes

Il y a des cordes pour tous les goûts.

Quelques idées reçues sur les cordes de guitare

  • Plus une corde est grosse, plus elle est tendue. Pas nécessairement, notamment pour les cordes filées.
  • Deux jeux de même tirant offrent le même toucher. Leur construction peut modifier sensiblement les sensations.
  • Une corde plus souple est forcément moins tendue. La souplesse en flexion et la tension sont deux propriétés différentes.
  • Des cordes plus épaisses produisent toujours un son plus puissant. Le volume dépend aussi de la guitare et de l’attaque.
  • Le phosphore bronze sonne toujours plus chaud que le bronze 80/20. C’est une tendance souvent avancée, pas une règle universelle.
  • Les cordes à forte tension offrent forcément davantage de sustain. La durée des vibrations dépend de plusieurs facteurs.
  • Les cordes à âme ronde sont toujours plus souples que celles à âme hexagonale. La géométrie de l’âme n’est qu’un des paramètres.
  • Les cordes revêtues sonnent moins bien que les cordes traditionnelles. Leur comportement dépend du type de revêtement et de la conception.
  • Un tirant léger est forcément plus facile à jouer. C’est souvent le cas à construction et réglage comparables, mais pas dans toutes les situations.
  • Le son d’une corde dépend principalement du métal utilisé. Sa construction, sa rigidité, son vieillissement et son interaction avec la guitare jouent également un rôle.

La masse : le poids qui fait vibrer la corde

Pour comprendre le fonctionnement d’une corde, commençons par une notion fondamentale : sa masse linéique. Il ne s’agit pas simplement du poids total de la corde, mais de la quantité de matière présente sur une longueur donnée. À tension égale, une corde plus lourde par unité de longueur produit une note plus grave. À masse égale, augmenter la tension augmente la fréquence de vibration et produit une note plus aiguë. Enfin, raccourcir la longueur vibrante augmente également la fréquence.

C’est précisément ce qui se passe lorsqu’on appuie sur une frette : on raccourcit la partie vibrante de la corde et la note devient plus aiguë.

Il existe une conséquence moins évidente : deux cordes de masses linéiques identiques peuvent produire la même note sous la même tension, même si leurs diamètres sont différents. Tout dépend de leur construction.

Le diamètre : une mesure trompeusement simple

Le diamètre d’une corde est généralement exprimé en millièmes de pouce. Une corde de .012 mesure ainsi environ 0,305 mm. Sur les cordes pleines, comme les cordes aiguës en acier, le diamètre est directement lié à la quantité de matière. 

Une petite augmentation du diamètre entraîne une augmentation proportionnellement plus importante de la masse. Une corde pleine de .013 possède environ 17 % de masse supplémentaire par unité de longueur par rapport à une corde de .012 fabriquée dans le même matériau.

Mais les cordes graves sont filées. Elles comportent une âme centrale, habituellement en acier, autour de laquelle est enroulé un fil métallique.

Le diamètre extérieur ne permet donc plus de connaître directement leur masse.

Deux cordes de .053 peuvent avoir des masses différentes selon :

  • le diamètre de leur âme centrale ;
  • le diamètre du fil de filage ;
  • la densité des matériaux utilisés ;
  • la géométrie et la compacité de l’enroulement.

C’est une des raisons pour lesquelles deux jeux affichant exactement le même tirant peuvent présenter des tensions et des sensations différentes.

Les matériaux : bien davantage qu’une question de couleur sonore

Les cordes acoustiques utilisent plusieurs matériaux, chacun possédant des propriétés mécaniques particulières.

L’acier

L’acier constitue généralement l’âme des cordes filées et l’intégralité des cordes aiguës non filées. Il possède une résistance élevée à la traction et une rigidité importante. Ces propriétés contribuent au comportement mécanique et vibratoire de la corde.

Les caractéristiques exactes dépendent de l’alliage et des traitements appliqués.

Le bronze 80/20

Malgré son appellation commerciale, le bronze 80/20 utilisé pour les cordes de guitare est habituellement un alliage de cuivre et de zinc, autrement dit un laiton. Il contient approximativement 80 % de cuivre et 20 % de zinc. Les fabricants le présentent souvent comme offrant une sonorité brillante et une attaque franche.

Cette description correspond à une tendance commerciale et à des impressions d’écoute, pas à une propriété acoustique universelle.

Le phosphore bronze

Le phosphore bronze est un alliage à base de cuivre et d’étain, contenant également une petite quantité de phosphore. Il est souvent décrit comme plus chaleureux et plus équilibré que le bronze 80/20.

Cependant, la composition du filage n’est qu’un des paramètres qui influencent le son. La géométrie de la corde, son état de surface, son vieillissement et la façon dont elle est jouée interviennent également.

Le nickel et les autres alliages

On rencontre aussi des cordes à filage nickelé, en nickel ou utilisant des alliages particuliers. Ces matériaux peuvent modifier la masse, la résistance à la corrosion, les propriétés de surface et le comportement mécanique. Il serait toutefois excessif d’attribuer une signature sonore précise à un métal sans tenir compte de la construction complète de la corde.

La tension : une grandeur physique, pas une sensation

C’est probablement la distinction la plus importante de cet article. La tension d’une corde est la force de traction qui s’exerce sur elle lorsqu’elle est accordée. Elle dépend principalement de sa masse linéique, de sa longueur vibrante et de la note qu’elle doit produire. Pour une guitare donnée, avec un diapason fixe et un accordage déterminé, une corde plus lourde par unité de longueur nécessite davantage de tension pour atteindre la même note.

Les guitares baryton illustrent bien la relation entre longueur, masse et tension. Malgré leur diapason plus long, elles utilisent généralement des cordes de plus gros diamètre afin de conserver une tension adaptée à leur accordage plus grave. Ce n’est donc pas uniquement le diamètre qui détermine la tension, mais la combinaison du tirant, du diapason et de la note recherchée.

Mais, attention : la tension ne décrit pas à elle seule la résistance ressentie sous les doigts.

La tension est une force de traction dans le sens de la longueur de la corde. Le toucher dépend aussi de la manière dont la corde résiste lorsqu’on la déplace ou qu’on la plie.

Ce sont deux phénomènes liés, mais distincts. Une corde peut ainsi sembler relativement souple tout en exerçant une tension importante sur l’instrument.

Pourquoi deux cordes de même tension peuvent-elles avoir un toucher différent ?

C’est ici que la physique devient particulièrement intéressante pour le guitariste.

La rigidité de la corde

Une corde réelle n’est pas un fil parfaitement flexible. Elle possède une certaine rigidité en flexion, qui dépend notamment de sa géométrie et des propriétés élastiques de ses matériaux. Sur une corde pleine, une petite augmentation du diamètre peut provoquer une augmentation importante de la rigidité. 

Les cordes filées présentent un comportement plus complexe, car leur âme et leur filage ne se comportent pas nécessairement comme un cylindre homogène.

Le rapport entre l’âme et le filage

Deux cordes de même diamètre extérieur peuvent avoir des âmes de diamètres différents. Une âme plus fine peut modifier la souplesse en flexion de la corde, tandis que le filage contribue à sa masse. C’est un paramètre important dans la conception des cordes présentées comme particulièrement flexibles.

Il faut néanmoins distinguer les promesses commerciales des caractéristiques effectivement mesurées.

La hauteur des cordes

L’action, c’est-à-dire la distance entre les cordes et les frettes, influence directement l’effort nécessaire pour jouer. Une corde placée plus haut doit être déplacée davantage pour atteindre la frette.

Même avec un jeu de cordes identique, deux guitares réglées différemment peuvent donc offrir des sensations très éloignées.

La longueur vibrante

À masse et accordage identiques, une guitare à diapason plus long nécessite une tension supérieure. Entre un diapason de 24,9 pouces et un autre de 25,4 pouces, l’écart théorique de tension atteint environ 4 %. 

Ce n’est pas énorme, mais cela contribue aux différences de sensation entre instruments.

Le son : bien plus que la note fondamentale

Une corde ne vibre pas uniquement à la fréquence correspondant à la note jouée. Elle produit également des vibrations à des fréquences supérieures, appelées partiels. Dans le cas idéal, ces vibrations correspondent aux harmoniques de la note fondamentale. Leur intensité et leur évolution dans le temps participent au timbre de l’instrument.

Plusieurs caractéristiques des cordes peuvent influencer ce comportement.

  • La rigidité modifie légèrement les fréquences des différents partiels. Ce phénomène, appelé *inharmonicité*, peut contribuer à la perception du timbre.
  • L’amortissement détermine la vitesse à laquelle les vibrations perdent leur énergie. Il dépend notamment des propriétés internes de la corde, de ses interactions avec les points d’appui et de son couplage avec la guitare.
  • L’état de surface intervient aussi. Avec le temps, les cordes accumulent des dépôts et subissent des modifications qui peuvent influencer leur comportement vibratoire.
  • La technique du musicien, enfin, reste déterminante. La position d’attaque, l’angle du doigt, l’utilisation des ongles et l’intensité du pincement modifient la répartition initiale de l’énergie entre les différents modes de vibration.

Autrement dit, le matériau ne suffit pas à expliquer le son d’une corde.

Les cordes à âme ronde, hexagonale et les traitements de surface

La plupart des cordes acoustiques filées modernes utilisent une âme hexagonale. Cette géométrie facilite l’accrochage mécanique du filage autour de l’âme. Les cordes à âme ronde existent également. Elles peuvent présenter un comportement mécanique différent, notamment en matière de flexibilité, selon leur conception.

Mais il serait imprudent d’affirmer qu’une âme ronde sonne systématiquement mieux ou qu’une âme hexagonale produit toujours davantage d’attaque. Les traitements de surface constituent un autre facteur.

Les cordes revêtues, souvent appelées coated strings, utilisent une couche protectrice destinée à ralentir certaines formes de corrosion et l’accumulation de saletés. Ce revêtement peut également modifier la sensation de glissement des doigts, les bruits de frottement et, selon sa conception, certains aspects du comportement vibratoire. Là encore, les différences dépendent fortement du produit.

Le cas particulier du fingerstyle

Pour un guitariste fingerstyle, le choix des cordes relève d’un équilibre entre plusieurs exigences.

Il faut pouvoir produire des basses suffisamment définies, conserver une bonne articulation mélodique dans les aigus et maîtriser la dynamique sans devoir exercer une force excessive. Des cordes plus légères peuvent faciliter certains mouvements, notamment les bends et les vibratos. Des cordes plus lourdes peuvent permettre une attaque énergique avec moins de risques de déplacements excessifs, mais elles imposent généralement davantage d’effort au frettage, toutes choses égales par ailleurs.

Les caractéristiques de la guitare interviennent elles aussi : son diapason, son réglage, la réponse de sa table d’harmonie et sa construction générale. Le jeu aux doigts, à l’ongle, aux onglets ou au médiator pèse énormément sur le son produit.

Il n’existe donc pas de tirant idéal universel pour le fingerstyle. Le meilleur choix est celui qui permet au musicien d’obtenir le son recherché tout en conservant une liberté de jeu suffisante.

Comment comparer objectivement deux jeux de cordes ?

La première précaution consiste à ne pas se fier uniquement aux indications *light*, *medium* ou *custom light*. Ces catégories ne constituent pas une norme physique universelle. Pour comparer deux jeux, il faut idéalement connaître leur diamètre, leur masse linéique, leur tension à un diapason et à un accordage donnés, ainsi que leur construction.

Mais, l’évaluation du toucher et du son demande également une expérience pratique. Un essai comparatif sérieux devrait conserver la même guitare, le même accordage, un réglage identique et des conditions de jeu aussi proches que possible.

Il faut aussi tenir compte de l’âge des cordes. Comparer un jeu neuf à un jeu utilisé depuis trois mois ne permet pas d’isoler correctement l’influence des matériaux ou de la construction.

Conclusion : le tirant ne raconte qu’une partie de l’histoire

Le diamètre est visible, la tension peut se mesurer et les matériaux s’identifient facilement. Pourtant, aucun de ces paramètres ne suffit, isolément, à décrire le comportement d’une corde. Le son et le toucher résultent d’un ensemble de propriétés mécaniques qui interagissent avec la guitare et avec le musicien.

C’est pourquoi deux jeux de cordes portant exactement les mêmes indications sur leur emballage peuvent procurer des expériences différentes. 

Tout ça pour conclure que le choix des cordes n’est pas simplement une affaire de tirant ou de préférence pour le bronze 80/20 ou le phosphore bronze. C’est une question d’équilibre entre masse, tension, rigidité, amortissement et interaction avec l’instrument.

Dans un test, il faut donc tendre la corde puis l’oreille : tension, flexibilité, tenue de l’accordage, sensation de toucher sous les doigts, attaque, pic de volume, durée du sustain, « chaleur » et enfin évolution de la corde et tenue dans le temps face à l’oxydation et l’usure. 

Et c’est précisément ce qui rend le sujet plus intéressant que les quelques chiffres imprimés sur une pochette de cordes. La plupart du temps, un jeu de cordes n’est pas coûteux, il ne faut pas hésiter à en tester pour trouver « chaussure à son pied ».

Voilà, petit grand-tour d’horizon… maintenant je vais monter les cordes ERA sur ma Martin, jouer, et je vous raconte.

Quelques articles autour des cordes :

 

Cordes Martin Kovar "Luxe" SP CORE

Cordes Martin Kovar « Luxe » SP CORE

Halloween : frayeurs et bouton de sangle

Halloween était la date parfaite pour un petit ascenseur émotionnel.

Je suis toujours stressé à l’idée de voir des outils s’approcher de mes guitares. J’ai beau admirer le travail des luthiers et leur faire confiance, j’ai peur. Par le plus grand des hasards, j’ai décidé de m’infliger cette frayeur le jour où tout le monde joue à se faire peur : Halloween. Mais, il me fallait un bouton de sangle (strap pin) pour ma nouvelle Martin. Je n’aime pas jouer assis et, quand je le fais, mon dos me le rappelle assez rapidement.

Au Guitar Summit, sur le stand Martin, alors que je prenais quelques renseignements concernant les réglages et la lutherie, on m’a annoncé une excellente nouvelle : un luthier avait rejoint l’équipe d’Omega Music à Liège, où il travaille désormais quelques jours par semaine. 

Évidemment, certains puristes tremblent à l’idée de défigurer une guitare avec des boutons de sangle ou pire un microphone interne. Mais ce sont aussi des outils, de beaux outils, mais des outils.

Martin OM 28 Custom

Martin OM 28 Custom

Salut, on se connaît ?

Par le plus grand des hasards, je l’avais déjà rencontré quelques années auparavant, lorsque j’avais eu l’occasion de jouer sur sa toute première guitare, fabriquée à l’IFPAME de Limal, en compagnie de Paulo Loveri et Nicolas Gaul.

Ça fait plaisir de voir le chemin parcouru, d’autant que c’est à présent lui qui y enseigne. Largement de quoi me rassurer… en théorie. Mais si la peur était rationnelle, ça se saurait. 

Je ne devrais pas m’inquiéter, mais c’est plus fort que moi : je pose quand même mes bêtes questions. Talon ou base du manche ? Le trou sera préforé ? La vis sera collée ?

Verdict : préforage, fixation au talon et pas de colle, histoire de ne pas compliquer d’éventuelles interventions futures.

L’arbre qui cache le foret

Après avoir passé ma guitare par-dessus le comptoir et choisi un bouton chromé, « ni trop grand, ni trop petit ». J’en profite pour faire un tour dans le magasin. Outre les électriques, il y a une belle collection de guitares acoustiques, notamment chez Martin et Eastman, quelques OM, dont la jolie OMJM John Mayer, et largement de quoi satisfaire tout le monde en matière de câbles, de sangles et d’accessoires. (Non, ils ne me sponsorisent pas.)

Pour décrire mon état d’esprit à cet instant, imaginez que vous venez de confier votre petit chien au vétérinaire pour une opération et que vous attendez des nouvelles en feuilletant distraitement un magazine auquel vous faites semblant de vous intéresser. Ma Lovely Roadie ne manque pas de me vanner lorsque je commence à m’inquiéter de la durée de l’intervention. Apparemment, le plus long n’était pas de percer le trou, mais de retrouver le foret du bon diamètre dans l’atelier.

Finalement, tout s’est bien passé, malgré la coïncidence avec la journée de la peur. Je souffle un peu. La guitare est intacte, le bouton est en place et je peux enfin jouer debout.

Halloween : frayeurs et bouton de sangle

Halloween : frayeurs et bouton de sangle

Un trou de quelques millimètres. Beaucoup d’émotions pour Halloween. Et une Martin qui n’aura même pas eu besoin d’anesthésie, juste un guitariste qui a besoin d’un petit remontant.

Pour un microphone, on verra… pas encore décidé.

Acheter une Martin OM-28 Wild Grain en « pleine conscience »

J’aurais pu intituler cet article « Et voici, monsieur le juge, comment tout a commencé… ». Après mon escapade en amoureux au GUITAR SUMMIT 2026, je me retrouve donc avec une superbe guitare, une Martin OM-28.

Si ta vie est merdique, achète une guitare. Ta vie sera toujours merdique, mais au moins tu auras une guitare.

Martin OM 28 Wild grain vision (photo Musifacts)

Martin OM-28 Wild grain vision (photo Musifacts)

Le plan A

Au départ, je comptais surtout regarder les guitares de voyage, ou des modèles compacts et entrée de gamme comme les Martin Streetmaster JRE par exemple. Accessoirement, je comptais jeter un œil (et une oreille) sur les pédales AFX de chez Fishman, et les amplis chez Fishman et AER. Rien de bien foufou, en somme.

L’autre guitare qui me trottait en tête était la Martin SC-28 E, un outil musical hypermoderne bourré d’innovations. Je l’aurais volontiers réessayée pour me refaire une idée de sa prise en main et de sa projection sonore. J’aurais aimé l’entendre amplifiée éventuellement, pour réévaluer le pickup LR Baggs Anthem monté de série dedans.

Je n’ai d’ailleurs pas vu de réelle innovation côté pickup, piézo et compagnie. Les fabricants semblent avoir arrêté le combat entre les capteurs piézoélectriques et magnétiques (et leurs insuffisances), les microphones (et leurs défauts) et les simulations sonores traitées numériquement (et leur insupportable perfection) ou une hybridation de ces solutions (et sa complexité de mise en œuvre). Good enough ?

On mange joue aussi avec les yeux

Cherchant des yeux une Martin SC-28E sur le stand de Musifacts, mon œil est attiré « naturellement » par une séduisante guitare avec une table en épicéa de Sitka, dos et éclisses en palissandre indien (ou un bois semblable), un cutaway et des finitions de type 28 (herringbone).

Martin OM 28 Wild grain vision (photo Musifacts)

Martin OM-28 Wild grain vision (photo Musifacts)

Après un moment d’hésitation, j’ai pris possession d’un tabouret, puis la guitare en main (après avoir timidement demandé le droit de la tester). Peut-être un peu trop spectaculaire de prime abord à mon goût. J’aime bien un côté minimaliste pour la finition d’une guitare. Certainement un peu trop rétro aussi, alors que j’étais parti avec l’envie d’une guitare hypermoderne en tête.

Mais sous cet aspect un peu vintage se cachait la modernité du profil du manche, avec une jouabilité incroyable. La légèreté et la réponse époustouflante m’ont cueilli.

La fiche technique

C’est un modèle Custom Shop à la finition particulièrement soignée et aux spécifications plutôt impressionnantes. J’ai retrouvé sa fiche technique en ligne. Elle est un peu longue et fleure parfois bon le catalogue commercial, mais elle permet de comprendre ce qui se cache sous le capot boisé de la belle :

La Martin OM-28 Custom « The Wild Grain Vision » associe le savoir-faire traditionnel de Martin à des bois soigneusement sélectionnés et à une jouabilité moderne pour créer une guitare Orchestra Model exclusive, offrant une profondeur sonore et une dynamique remarquables.

Martin OM 28 Wild grain vision (photo Musifacts)

Sa table massive en épicéa Sitka finement veiné avec finition Aging Toner offre une réponse rapide, des aigus brillants et un équilibre sonore exceptionnel. Associée au dos et aux éclisses en Wild Grain East Indian Rosewood, la OM-28 Custom développe un son riche et harmonieux avec des basses chaleureuses, des médiums transparents et les harmoniques scintillantes caractéristiques de ce bois prestigieux.

Le barrage scallopé en épicéa Adirondack favorise une résonance ouverte et procure une projection impressionnante, une large dynamique et une réponse particulièrement vivante. La caisse OM offre un équilibre idéal entre confort, précision et polyvalence, parfaitement adapté au fingerstyle, au flatpicking et au jeu acoustique expressif.

La touche en ébène noir avec incrustations classiques – diamonds and squares – garantit une jouabilité fluide et précise sur l’ensemble du manche. Le chevalet assorti en ébène noir ainsi que le logo Old Style Gold sur la tête complètent cette élégante configuration.

Le profil de manche Golden Era Modified Low Oval offre une jouabilité moderne tout en conservant les sensations traditionnelles Martin, aussi bien pour le fingerpicking délicat que pour les rythmiques dynamiques. La finition brillante met magnifiquement en valeur le veinage spectaculaire du Wild Grain East Indian Rosewood.

Une hésitation d’un jour et une nuit

Je suis passé la revoir quelques fois, en m’enquérant de la possibilité de l’acheter, ce qui n’était pas si évident. Finalement, comme il s’agit tout de même d’un achat sérieux, j’ai décidé de jouer plus longuement sur cette OM. Ma Lovely Roadie a même fini par me demander, un peu gênée, si j’allais vraiment jouer tout mon set dessus.

Dans le brouhaha d’un salon, il faut évidemment un peu tendre l’oreille. Il ne suffit pas de gratter trois accords low key en première position. Je voulais en avoir le cœur net : réponse, intonation, justesse, inflexions, musicalité, jouabilité. Avant ma décision finale, j’ai alterné morceaux dynamiques, rock acoustique, ballades, ambiances celtiques, blues rugueux et ragtime syncopé.

Objectif : la confronter à ma palette technique et musicale sans retenir mon jeu, onglets compris. Le risque était de la sous-jouer et de ne découvrir qu’une fois rentré à la maison ses limites : compression lorsqu’on la pousse, manque de projection, dynamique insuffisante ou notes qui se brouillent dans les passages chargés.

RAS, mon capitaine, elle coche toutes les cases.

Alors, heureuse ?

Amusant, finalement, d’avoir eu l’œil attiré par une guitare surnommée « The Wild Grain Vision ». Un joli clin d’œil du hasard.

J’attends encore l’étui hardshell d’origine qui doit me parvenir. Ils peinaient à le retrouver au milieu de la cinquantaine d’étuis vides stockés dans le camion. Ils m’ont prêté un gigbag pour le transport. Je considérerai le dossier définitivement clos quand ce détail sera réglé.

Ça ne m’a pas empêché de passer déjà quelques longs instants en tête-à-tête avec mon petit coup de folie. Le son est superbe et je ne me lasse pas de la jouabilité de ce manche.

Aucun regret.

Mon Guitar Summit 2026

Le Guitar Summit, organisé chaque année à Mannheim en Allemagne, est l’un des grands rendez-vous européens consacrés à la guitare et à la basse. Pendant trois jours, le Rosengarten rassemble fabricants, luthiers, musiciens et passionnés autour de centaines de marques, avec des instruments à essayer, des nouveautés, des effets, des amplis, des accessoires, mais aussi des concerts, masterclasses, ateliers et conférences. Bref, une sorte de NAMM à l’européenne, plus compact et très orienté vers les guitaristes : le temps d’un week-end, Mannheim devient un peu le « NAMM »-hein de la guitare.

Guitar Summit 2026

Guitar Summit 2026

  • Mes objectifs : le faire, une fois dans ma vie.
  • Mes craintes : surreprésentation des guitares électriques, ne pas oser tester des instruments ou être trop timide pour aller vers les exposants.

Le départ vers le Guitar Summit

Comme tant de bonnes choses, ça a plutôt mal commencé. Ma Lovely Roadie, qui m’avait offert les places pour le salon de la guitare de Mannheim, a été victime d’un petit virus qui a transformé son estomac en boomerang. Après une nuit et une matinée compliquées, j’ai cru que j’allais devoir annuler, mais son état s’est amélioré en cours de journée et on a pu se mettre en route malgré un passager un peu patraque. Voilà ce qu’on appelle un excellent départ pour affronter les redoutables food trucks allemands.

Histoire de ne pas faire les choses à moitié, j’avais un pass de trois jours, avec hôtel à 100 m du Guitar Summit, petit-déj., des vouchers repas aux food trucks et des goodies. Une fois débarrassé de la voiture et des bagages, en route pour récupérer goodies et T-shirts. À propos, je portais un T-shirt jaune bouton d’or barré d’un ‘DON’T PANIC » rouge. L’exact opposé de mon sentiment intérieur, mais cette tenue a été un parfait icebreaker pour mon premier jour. J’ai reçu une petite dizaine de commentaires élogieux ce soir-là. C’est d’ailleurs amusant comme au milieu d’une forêt de gens vêtus du classique noir look stage ou backstage, les gens apprécient autant une note de couleur. Faites revenir de la couleur dans ce monde.

Un premier tour très intimidé

Ceux qui me connaissent sont au courant de ma phobie sociale. J’ai commencé par un tour de repérage très timide de l’ensemble du salon. En effet, dans un ratio de 70/30, je jalouse quelque peu les guitaristes électriques et tous leurs gadgets à lampes et boutons et leurs tours d’amplis… et puis des guitares de toutes formes et couleurs. Dont certaines très amusantes à regarder.

Mais en tant qu’« acoustic snob », je craignais de ne pas voir assez de stands consacrés aux guitares acoustiques, mais loin s’en faut :

C.F. Martin & Co., Bourgeois Guitars, Atkin Guitars, Lowden Guitars, Furch Guitars, Lakewood, Iris Guitar Company, Cole Clark Guitars, Santa Cruz, Avalon Guitars, Dowina Guitars, BSG Handmade Guitars, Duke Guitars, Cuntz Guitars, Hanika Gitarren, Kremona Guitars, Cordoba, Guild, Cort, Finger Guitars, La Mancha Guitars, Lâg, Admira, Esteve Guitars, Juan Hernandez Guitars, Vicente Carrillo, Manuel Rodriguez, Yulong Guo, Wolfensberger Guitars, Lucenò Guitars, Can Oral Guitars, Daniel Ott Guitars, König Guitars, Kopo Guitars, LS Guitars, Dejawu Guitars, Heeres Guitars, Herbst Gitarrenbau, Yamaha, Dean, Luna, Donner, Aria Pro II.

Guitar Summit

Guitar Summit

Entre les grands noms, on trouvait aussi des productions plus modestes. Des accessoires pour guitaristes comme des cordes, capodastres, sangles, étuis et amplification, ainsi que du bois et du matériel de lutherie. 

J’aurais aimé voir un peu plus d’amplification acoustique et peut-être des microphones dédiés. Le stand AER était modeste (mais on m’y a reconnu pour ma collab avec Jacques Stotzem). Ma présence scénique n’est pas suffisante pour justifier l’achat d’un autre ampli pour l’instant. Un jour, qui sait.

Si on écoutait un peu de musique ?

Les concerts acoustiques du vendredi étaient parfaits pour se mettre dans le bain. 

Mary Spender, que j’avais envie de voir en live depuis longtemps. C’est une guitariste, auteure-compositrice-interprète et youtubeuse britannique. Son univers mélange folk, blues, rock et Americana, avec une place importante accordée au fingerstyle, aux arrangements guitare-voix et à un jeu parfois assez percussif. Elle a une voix soyeuse et un solide jeu de guitare. Il émane d’elle quelque chose de généreux et d’authentique qui me plait beaucoup.

Mary Spender @ Guitar Summit

Mary Spender @ Guitar Summit

Ensuite, Andy McKee, l’une des grandes figures du fingerstyle acoustique moderne. Il s’est fait connaître mondialement au milieu des années 2000 grâce à ses vidéos sur YouTube, en particulier « Drifting », où il combine tapping à deux mains, harmoniques, lignes de basse et percussions sur la caisse. Des morceaux comme Rylynn, For My Father ou Ebon Coast montrent son côté beaucoup plus mélodique, bien plus présent dans son set qu’on ne pense, et je ne m’en plains pas. Je l’avais vu en concert, il y a longtemps, et le voir, notamment en duo avec Don Ross était aussi un point fort de mon vendredi.

Andy Mc Kee & Don Ross @ Guitar Summit

Andy Mc Kee & Don Ross @ Guitar Summit

Ma zone de confort n’est pas toujours confortable

Poussé dans le dos par ma Lovely Roadie, je me décide samedi « enfin » à poser mes grosses pattes sur des instruments. Histoire de sortir de ma zone de confort inconfortable pour ne pas être venu « pour rien ». Sans oublier de décaler la boucle de ma ceinture sur le côté du pantalon pour ne pas abîmer les instruments.

Par curiosité, j’ai joué sur une Silent guitar de chez Yamaha. Quelle évolution ! La mienne doit avoir une quinzaine d’années au moins, le préampli est mort et elle me sert dans mes séances d’écriture ou d’échauffement mécanique. Les nouveaux modèles ont vraiment un magnifique son très authentique au casque. Le modèle Nylon est très plaisant également.

Yamaha Silent Guitar

Yamaha Silent Guitar

J’ai également testé quelques très bons ukulélés en Koa chez Voggenreiter et Flight Ukuleles. Chez Flight, ils avaient un modèle intéressant avec un système d’effets fonctionnant sans ampli (reverb et écho qui utilisent la caisse de résonance pour s’ajouter au son de l’instrument, intéressant, pas forcément ma came).

Ukulele @ Guitar Summit

Ukulele @ Guitar Summit

The place to be

Sur ce salon, j’ai croisé des stars reconnaissables entre toutes. Par exemple, Pierre Journel de la Chaîne Guitare qui arpente industrieusement les travées du Guitar Summit et dont les interviews vont sûrement raviver des souvenirs et susciter l’un ou l’autre regret de trucs que j’aurai manqués. 

Pas mal de blogueurs, vlogueurs sont en route, caméra et micro en main, c’est parfois un peu embêtant pour l’accès aux stands, quand on ne veut pas passer entre un objectif et son sujet. Je ne sais pas combien sont accrédités et combien sont amateurs. Chacun veut se montrer, réseauter et se vendre. Gratter un peu de miel de la ruche, c’est le jeu. De mon côté, pas de vlog, pas de vidéo, pas d’appareil photo, des photos floues et mal cadrées, juste une envie de vous raconter mon expérience. Je suis un guitariste qui roule pour raconter ma passion. 

Des concerts silencieux, au casque

Particularité du Guitar Summit, j’ai assisté à des concerts masterclass au casque. C’est amusant. Au milieu du brouhaha du salon, l’artiste sur scène joue pour un public portant des casques. C’est impressionnant. Et ça fonctionne bien. Mes oreilles me disent que sous-mixer un poil de reverb pour rendre la géométrie de la salle irait chercher le dernier carat d’immersion.

Pour améliorer encore un peu l’expérience, il faudrait aussi mettre les pompeurs manouches à un autre endroit. Malgré le casque bien isolant, on les entendait, notamment pendant la prestation de Mary Spender.

Au casque, j’ai assisté à Don Ross et Julia Malia, un sympathique duo qui mélange le groove de Don et la légèreté de Julia Malia (pensez « la belle et la bête » #cliché). J’ai également vu Mary Spender et Andy McKee dans une session plus proche du public que celle du vendredi.

Don Ross & Julia Malia

Don Ross & Julia Malia

J’ai aussi fait des haltes sporadiques à cette scène pour m’asseoir et écouter quelques musiciens classiques présentant des instruments et demandant au public de voter pour leur préféré.

Samedi, au Guitar Summit, c’est le drame

Pour mon plus grand malheur, j’ai pris en main un modèle du Custom Shop Martin. Bam, une OM légère avec un cutaway, des bois sélectionnés et très qualitatifs, des finitions style 28, un manche confortable malgré des cordes light et un son et une réactivité incroyables.

Martin OM @ Guitar Summit

Martin OM @ Guitar Summit

Il faut dire que mes achats de guitares ont toujours été des concours de circonstances. La première, une Takeharu, était liée à un budget de jeune un peu serré. Mon OM Dana Bourgeois était un rachat d’occasion à Jacques, une opportunité pour moi d’acheter une meilleure guitare pour élever mon jeu. Ma Martin OM21, je l’ai achetée sur la base d’une description technique pour avoir une machine de scène, ma picking machine. De bonnes guitares, arrivées au bon moment de ma vie, mais peu de coups de foudre ou d’amour spontané dans tout ça.

Combien de guitares faut-il à un guitariste ?

J’ai passé le reste du week-end du Guitar Summit à essayer de l’oublier en testant d’autres instruments. J’ai été moins emballé par tout ce que j’ai pris en main après. Trop douce, pas assez réactive, encore trop fermée, un manche en D trop marqué. 

L’histoire raconte qu’il y a au moins trois instruments dans la vie d’un guitariste. Sa première guitare, celle qu’il joue et celle qu’il veut. Combien en faut-il ? Une de plus !

Surtout, j’ai besoin d’une petite guitare simple pour donner cours et répéter hors de chez moi. Ou de remplacer ma Silent Guitar. C’est un peu raté.

Les manœuvres honteuses du dimanche

Le souci, c’est que la vente d’instruments n’est, assez paradoxalement, pas autorisée pendant le Guitar Summit. Je ne comprends pas, mais j’imagine que c’est pour une question de pouvoir maîtriser les entrées et sorties de matos.

Il a donc fallu manœuvrer pour extraire la guitare de l’inventaire importateur du salon. Pour un modèle de série, on ne l’aurait pas fait. Mais, pour un modèle Custom Shop assemblé à Nazareth aux USA, une pièce unique par définition, c’est compliqué. Cette guitare risquait de disparaître dans l’un ou l’autre stock ou chez un revendeur à l’autre bout de l’Allemagne ou ailleurs.

En bref, il a fallu que l’importateur la remette à un dealer-revendeur, que le revendeur la mette à son catalogue et qu’il me la vende pour ensuite me la livrer sur le parvis du salon. Rien d’illégal, mais pas très réglementaire. Mais, c’est amusant d’avoir rendez-vous dans le parking avec un dealer… de guitares. Un ukulélé a suivi le même chemin. On s’est bien fait engueuler, en allemand en plus; mais je m’en fous, je voulais cette guitare.

J’espère que personne n’aura d’ennuis. Attendu que sur l’un ou l’autre stand on m’a dit que tel ou tel instrument était « vendu », j’imagine que ce n’est pas exceptionnel non plus.

Le butin

  • des stickers
  • j’ai passé mon tour pour les médiators, j’en utilise peu, néanmoins il y a moyen de se fournir gratuitement pour toute une vie
  • des thumb picks et finger picks
  • des cordes et des produits d’entretien gagnés à des concours
  • des T‑shirts de merch
  • J’ai acheté un lutrin pliant ultraléger chez Miniput pour papier, iPad et smartphone
  • un ukulélé concert Voggenreiter en Koa
  • une guitare Martin OM

Le bilan

Je venais au Guitar Summit avec deux craintes : celle de trouver un salon essentiellement consacré à la guitare électrique et celle de rester trop intimidé pour vraiment profiter des instruments et aller à la rencontre des exposants. Deux craintes qui se sont révélées largement infondées.

Les guitaristes acoustiques ont largement de quoi s’occuper, entre les grandes marques, les petits luthiers, les accessoires, les concerts et les masterclasses. Sans doute que deux jours suffiraient, avec un dernier jour raccourci pour effectuer les achats d’accessoires (mais pas d’instruments, c’est interdit !). Le pack complet avec hôtel proche du Rosengarten et les vouchers repas des food trucks inclus est aussi bien pensé. Ça permet d’oublier complètement la logistique et de s’immerger dans le salon, en se reposant entre les tournées des stands.

Concernant ma timidité… je suis passé d’un premier tour où je n’osais pratiquement toucher à rien à l’achat « hors des clous » d’une Martin Custom Shop et d’un ukulélé sur le parking du salon. On peut considérer que j’ai légèrement progressé. Merci ma Lovely Roadie. J’ai essayé des instruments, découvert des fabricants que je connaissais peu, écouté des guitaristes que j’admire et, surtout, pris beaucoup de plaisir à passer trois jours entouré de gens qui partagent la même passion. C’était agréable de débrancher la télé de ma vie et d’errer dans les travées du Guitar Summit, entouré de gens dont les yeux brillent de la même passion que moi.

Mon objectif était de faire le Guitar Summit au moins une fois dans ma vie.
Verdict : à faire au moins une fois dans sa vie. Et, probablement plus d’une.